L’Artiste de Mariano Cohn et Gaston Duprat

J’ai récemment vu un film extraordinaire : L’Artiste. NON Jean Dujardin ne joue pas dedans. L’Artiste (El Artista), de Mariano Cohn et Gaston Duprat est un de ces bijoux prouvant la vitalité du cinéma argentin. Une réflexion humoristique sur le monde de l’art contemporain autour d’une question aussi évidente que tabou : Qui est vraiment l’artiste : le créateur ou le spectateur ?

L’Argentine a elle aussi son lot de bobos-parisiens-de gauche. Le monde de l’art contemporain, aux quatre coins de globe, a son lot de prétentieux, générant un univers putride où tout n’est qu’analyse et intellectualisation. Où le ressenti sert l’apparence. Et devant la caméra de Cohn et de Duprat, Jorge évolue dans un univers dont il ignore les codes.

Subtilisant les dessins d’un vieil homme autiste dont il a la charge pour les livrer à une galerie d’art portègne, Jorge gagne rapidement en notoriété, jusqu’à devenir une étoile montante de l’art contemporain sud-américain. Ses dessins, qui ne sont d’ailleurs pas les siens, fascinent. On dira de lui qu’il « dessine comme jamais personne n’avait dessiné avant lui ». Se laissant porter par son récent succès, Jorge ne peut, en revanche, pas expliquer son art…et pour cause.

Et pourtant, Jorge dupe son monde. Ses silences sont perçus comme plein de bon sens et de sagesse, ses réponses, creuses, comme des traits de génie. Les spécialistes ne se doutant pas un seul instant de la supercherie se chargeront de conscientiser son art à sa place. N’est-ce d’ailleurs pas souvent ce qui arrive ? N’attribuons nous pas des sentiments à un artiste dont on ignore tout ?

Puis, l’éternelle question que le duo de cinéastes nous pose, à savoir, qu’est-ce que l’Art avec un grand A ? Si un microcosme d’experts nous attribue une démarche, un propos, et loue la finesse d’une technique pourtant non conscientisée, est-ce de l’Art ?

Avec un humour grinçant, mais jamais méchant, Cohn et Duprat dénoncent un système qui se veut au dessus de la conscience des masses, qui laisse la part belle au ressenti. Ce ressenti qui fini par se perdre, et dont on ignore la source.

Diane Le Scouarnec

Bande-annonce de L’Artiste

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